Comment peut-on être vert’libéral ?

Ou pourquoi il faut parfois un oxymore pour résoudre les paradoxes

Illustration : Nelly Damas pour Foliosophy

Les besoins de la planète chamboulent les agendas politiques

Tous les partis traditionnels sont amenés à inverser l’ordre des priorités s’ils ne veulent pas faire de la question du climat une simple décoration électorale. C’est qu’il n’y aura désormais plus aucune justice sociale qui ne se préoccuperait pas d’écologie, plus aucune liberté économique qui se moquerait d’environnement. Comment être juste dans un environnement détruit ? Comment faire du gain si c’est au prix de la santé de la planète, laquelle nous fournit notre habitat, constitue notre origine et notre horizon indépassable ?

Le déficit se paie cash. “En nature”, c’est le cas de le dire

Ce n’est plus le cas et le déséquilibre actuel entre les opportunités et les risques montre à quel point nous avons été de piètres comptables, malgré les MBA en économie et les experts en statistiques. Nous mesurons maintenant la pauvreté de nos calculs qui n’ont pas pris en compte l’ensemble de la chaîne du vivant : nous vivions à crédit sur le dos de la terre et nous faisions mine de ne pas le voir. Pas de planche à billets, pas de dévaluation possible pour rétablir ce déficit. Il se paie cash. En nature, c’est le cas de le dire.

Ne pas paniquer

Je fais le pari du contraire : imaginons un instant que ce que nous prenons pour des contradictions ne sont, sommes toutes, que des paradoxes, de ces affirmations qui semblent se contredire elles-mêmes, qui, partant de prémisses correctes, semblent logiquement inacceptables.

S’attaquer aux paradoxes

L’heure est venue de nous attaquer aux paradoxes du monde contemporain : Comment préserver les acquis du progrès sans surexploiter celle qui nous fait vivre, la planète terre ? Comment consommer local dans un monde global ? Comment résoudre l’épineuse question des caisses de retraite alors que l’allongement de l’espérance de vie est un progrès de nos sociétés ? Comment éviter que les primes des assurances maladie ne nous rendent malades ? Comment rassurer les concitoyens dans leur peur de manquer (du nécessaire, de l’acquis, du beau, du superflu, si nécessaire parfois) alors que nous sommes de plus en plus nombreux, en dépit de cette crainte, à aspirer à une vie plus saine, plus vraie ?

Une économie qui ne servirait pas la transition écologique indispensable serait meurtrière et une transition qui ne serait pas soutenue par l’économie serait inefficace.

Notre environnement est notre bien premier et les activités humaines, à commencer par l’économie, doivent être mises à son service. Une économie qui ne servirait pas la transition écologique indispensable serait meurtrière et une transition qui ne serait pas soutenue par l’économie serait inefficace.

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